Escoffier le codificateur (suite)

On y voit des artistes, des écrivains, des altesses : Arsène Houssaye et son fils Henry, Aurélie Scholl, Xavier Aubry et Ziem, le peintre militaire Giraud, Albert Wolff, les Princes Lubomirski, Galitzine, Deemidoff, le Grand Duc Constantin, le Roi Louis de Bavière, Alphonse XII, prétendant au trône d’Espagne, le Duc de Grammont, le Duc Hamilton, le Duc de Brunswick (qui donnait un louis de pourboire), le Prince de Monaco et bien d’autres. Un jour de janvier, Mademoiselle Rose, de l’Opéra y mange, pour quinze louis, trois cents francs or, des fraises en compagnie du banquier Philippart.

Un des derniers déjeuners célèbres du Moulin Rouge, réunit en mai 1871 le Prince de Galles, Léon Gambetta et sir Charles Dilke.

Le dernier propriétaire du restaurant, M Lourdin ferme d’abord l’hiver, comme son voisin, le bal Mabille, puis en 1882, tous deux font place à des immeubles de rapport. De nombreux souvenirs du Moulin Rouge sont conservés alors par M. Roblin, l’entrepreneur de démolition, dans sa propriété de Pierre-fitte (Loiret) mais on n’a point retrouvé trace de la grande rôtissoire dont le tournebroche était célèbre : sur le point de s’arrêter, il faisait surgir brusquement un ange en tôle peinte, aux ailes déployées qui venait frapper un timbre pour avertir le cuisinier.

En 1903, Auguste Escoffier officie au Grand Hôtel : c’est pour cette raison que Léon Daudet organise là, le 26 février, le premier déjeuner de l’Académie Goncourt. Les dix premiers membres sont Léon Daudet, Joris-Karl Huysmans, Octave Mirbeau, les deux Rosny, Léon Hennique, Paul Margueritte, Gustave Gefroy, Elémir Bourges, Lucien Descaves.

Mais bientôt les dix académiciens Goncourt se rangent à l’avis d’Octave Mirbeau qui trouve trop pompeux le Grand Hôtel ; ils se déplacent au restaurant Champeau, place de la Bourse, mais s’y trouvent trop à l’étroit et émigrent au Café de Paris où ils se réunissent chaque mois jusqu’en 1914. C’est alors qu’ils découvrent Drouant, place Gaillon qui leur doit sa célébrité.

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La fabuleuse histoire de la cuisine française d’Henriette Parienté et Geneviève de Ternant. Editions O.D.I.L.

(à suivre..)

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